La Free Software Foundation accuse Free de ne pas respecter les conditions d'utilisation de la licence GPL régissant l’utilisation de la plupart des logiciels Open Source.
Selon Loïc Dachary, porte-parole
français de cette organisation, Free s’approprie le code de plusieurs logiciels
libres diffusés sous licence GPL. Elle le modifie à des fins de
commercialisation sans pour autant publier le code source des modifications
apportées.
Pour bien comprendre la consistance de cette affaire, il est nécessaire de
rappeler les principaux termes de la licence GPL :
* La liberté d'exécuter le logiciel, pour n'importe quel usage ;
* La liberté d'étudier le fonctionnement d'un programme et de l'adapter à ses
besoins, ce qui passe par l'accès aux codes sources.
* La liberté de redistribuer des copies.
* La liberté d'améliorer le programme et de rendre publiques les modifications
afin que l'ensemble de la communauté en bénéficie.
Une personne qui adhère aux termes de
cette licence peut toucher de l'argent en échange des services qu’elle offre en
vue de supporter un produit Open Source donné. Par service il faut entendre tout
effort visant la modification, l’étude ou encore la redistribution du produit
Open Source (par exemple il est possible de graver le système d’exploitation
Linux sur des CD pour le revendre, écrire un livre pour expliquer comment
fonctionne le CMS Joomla, créer des modules commerciaux pour les greffer à un
produit Open Source comme Mambo …).
Ce dernier point est fondamental parce qu’il distingue la licence GPL des autres
licences de logiciels qui interdisent la redistribution dans un but commercial.
Ce qui pose problème dans le cas de Free ce n’est pas l’utilisation des
logiciels Open Source à des fins commerciales mais plutôt son silence sur
l’utilisation desdits logiciels et la non publication des modifications
apportées à leur code source.
Il suffirait que Free informe ses clients de la présence de logiciels libres
dans la Freebox et leur donne accès au code source des modfications pour que le
problème soit réglé.
Free se défend en prétextant que les logiciels utilisés dans la Free Box ne sont
pas vendus sur CD mais téléchargés gratuitement à partir de son réseau. Par
ailleurs, Free affirme citer les noms de Freeplayer et VLC dans ses conditions
d’utilisation.
D’autres FAI français entretiennent des relations moins tendues avec la
communauté du logciel libre. Par exemple, Neuf Cegetel a récemment rejoint les
rangs de l'Association pour le développement et la recherche en informatique
libre. Elle reverse par ailleurs dans le domaine publique tous les
développements liés aux logiciels libres.
Une affaire à suivre avec beaucoup d'intérêt.
Kamal AOUDA
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