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La performance telle que perçue
Du point de vue de l’utilisateur, le temps de réponse est la métrique la plus
représentative de la performance d’une application Web [25]. En effet parce que
quelques clics séparent le site d’une entreprise de celui des concurrents, il
est très important que les requêtes soient traitées dans les plus brefs délais.
Les temps de réponse acceptables pour l’utilisateur suscitent plusieurs
controverses chez les experts en optimisation mais avant d’en parler, il est
primordial d’analyser l’évolution des vitesses de connexion à l’Internet aussi
bien au niveau des ménages qu’au niveau des entreprises.
Du côté des ménages, les connexions à 56 Kbps sont toujours
majoritaires malgré la compétition acharnée à laquelle se livrent les FAI pour
démocratiser les accès à haut débit en Amérique du nord. Une étude menée par
Nielsen//NetRatings en 2004 conclue, à cet égard, que 51.39% des ménages
américains se connectent toujours à l’Internet via un modem à 56 Kbps ou moins
contre 48.61% pour les connexions à haute vitesse (voir figure 2).Du côté des
entreprises, les connexions à haut débit représentaient 79.8% en 2004 contre
20.2% pour les connexions à 56 Kbps ou moins (voir figure 3).
Figure 2: Vitesse de connexion à l’Internet des ménages aux
États-unis [26]

Figure 3: Vitesse de connexion à l’Internet des entreprises
aux Etats-Unis [27]

Des experts
en utilisabilité comme Jakob Nielsen [28] recommandent un affichage des
résultats au bout de 6 à 10 secondes suivant l’envoi de la requête mais ces
seuils doivent être ramenés au contexte d’utilisation parce la ténacité d’un
internaute face à la latence d’un site de commerce électronique ne dépend pas
seulement de sa vitesse de connexion mais également :
* De la
rareté et/ou de la cherté du bien/service que l’utilisateur souhaite acheter :
ainsi si le bien/service est disponible à profusion à des prix équivalents ou
moindres, l’utilisateur l’achètera sur le site d’une entreprise concurrente. Par
contre si le bien/service est offert par peu de sites en quantités limitées ou
fait temporairement l’objet d’une promotion, l’utilisateur sera certainement
plus tenace vis-à-vis de la latence (à moins d’envisager une alternative brique
et mortier). A titre d’exemple, une étude menée par Keynote montre que la
ténacité des utilisateurs face à la latence est plus grande pour les sites
d’intermédiation financière parce que leurs transactions sont très sensibles au
temps (changement rapide des cours, risque de subir des pénalités si la
transaction est reportée…).
Tableau 2:
La ténacité des utilisateurs serait plus grande sur les sites d’intermédiation
financière [29]

*Du cas
d’utilisation : par exemple l’affichage de la page d’accueil demande moins de
ténacité que la passation d’une commande ou le règlement d’un achat. Idem pour
le remplissage d’un panier d’achat et l’inscription à une lettre de nouvelles…
*Du modèle d’affaires : une étude menée par Keynote [30] montre à ce sujet que
les utilisateurs dans un modèle B2B sont moins tenace vis-à-vis de latence que
les utilisateurs d’un modèle B2C (cela n’est pas sans liens avec la prédominance
des connexions à haute vitesse chez les entreprises, Cf. figure 3).
* Du coût de la connexion : en ce sens qu’un utilisateur qui paye un forfait
pour une connexion illimitée pourrait manifester plus de ténacité face à la
latence qu’un utilisateur qui est facturé en fonction du temps de connexion.
Vu la multiplicité des facteurs qui influent sur la ténacité face à la latence,
il est très difficile de fixer un seul temps de réponse pour tous les profils
d’internautes et tous les cas d’utilisation. Idéalement les entreprises
devraient mesurer sur les sites de leurs concurrents le temps de réponse associé
à chaque cas d’utilisation.
Les résultats
ainsi obtenus pourraient servir de benchmarks de performance à travers tout le
cycle de développement. Des sociétés spécialisées effectuent régulièrement ce
type de mesures [31] sur des sites à forte affluence et publient leurs résultats
sous forme de benchmarks. Parmi ces sociétés c’est Keynote (Nasdaq “KEYN” The
Internet Performance Authority) [32] qui jouie de la plus grande notoriété
notamment en raison de la rigueur de sa démarche et de la fiabilité de ses
résultats. Un
article publié sur ce site passe en revue les benchmarks qui
reflètent le mieux les spécificités des sites de commerce électronique. Il est
important de noter que ces benchmarks ne sont pas conçus pour mesurer la
performance d’une technologie donnée (J2EE, dotNet ou autre) mais uniquement le
temps de réponse associé aux cas d’utilisation qui rentrent habituellement dans
la composition d’une application de commerce électronique (rechercher un article
dans un catalogue, ouvrir un compte, s’authentifier …).
Notes de
bas de page
[25] Cette
affirmation est démontrée par plusieurs études spécialisées dont les plus
connues sont:
Zona Research, Need for speed 2,
http://www.keynote.com/downloads/Zona_Need_For_Speed.pdf
Jakob Nielson, The Need for speed à l’adresse:
http://www.useit.com/alertbox/9703a.html
[26] Source: Nielsen//NetRatings, Web connection speed trends—U.S.,
http://www.websiteoptimization.com/bw/0406/
[27] Idem
[28] Pour plus de détails consulter l’article: The Need for Speed à l’adresse:
http://www.useit.com/alertbox/9703a.html
[29] Source: Zona Research, Need for speed 2,
http://www.keynote.com/downloads/Zona_Need_For_Speed.pdf
[30] Source: Keynote Systems Inc, E-COMMERCE RESPONSE TIME: A REFERENCE MODEL,
http://www.avoka.com/resources/keynote/E-Commerce_Response_Time_CMG_2000__Chris_.pdf
[31] Pour plus de détails sur la méthodologie de mesure se rendre à l’adresse:
http://www.keynote.com/keynote_method/keynote_method_main_tpl.html
[32]
http://www.keynote.com/about_us/about_us_tpl.html
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