|
Des mails signés à la pointe de la clé USB
CertiMail lance un
service de courrier électronique à valeur juridique. Il utilise une clé USB
contenant les données d'identification sécurisées.
Si Zorro avait moins le souci du
panache et plus celui de l'authentification de sa signature, il abandonnerait
son épée et s'équiperait d'une clé USB. La société CertiMail lance, mercredi 22
février, un dispositif d'e-mail certifié, ayant pleine valeur juridique, en se
basant sur une série de textes français et européen sur la signature et la
certification électroniques. Le service associe webmail, technologies de
cryptage, archivage et, donc, grande innovation de ce service, une clé USB.
Concrètement, l'utilisateur commence par acheter sa clé USB à 99 euros, sur le
site Certimail.fr, puis demande son activation. Pour cela, il remplit un
formulaire comprenant ses données d'identification (nom, adresse, date de
naissance, mail...) et le renvoie à CertiMail avec une photocopie de son
passeport ou de sa carte d'identité. Ensuite seulement, il reçoit par lettre
recommandée avec accusé de réception un code confidentiel permettant d'activer
la clé. Un code PIN, comme pour une carte bancaire. S'il change d'e-mail ? Il
doit changer de clé. S'il la perd ou se la fait voler ? Il peut faire
opposition.
Preuve et données conservées pendant dix ans
La clé est dotée d'une carte à puce contenant les données personnelles envoyées
à CertiMail, et, comme n'importe quelle autre clé, d'une mémoire flash de 128
Mo. Pour s'en servir, il suffit de la connecter à l'ordinateur. Le dossier de la
clé s'ouvre et, en option, propose de composer un mail certifié. L'utilisateur
arrive alors sur la page sécurisée, avec adresse en « https », d'un webmail. Il
écrit son message, saisit l'adresse du destinataire, ajoute une pièce jointe,
selon la procédure classique. La clé USB, dotée d'un espace mémoire, peut servir
à transporter les documents à envoyer.
Au moment de la validation, le fichier, quel qu'il soit (Word, Excel, Powerpoint,
GIF, ...) est automatiquement converti au format PDF pour en sécuriser le
contenu. C'est ensuite qu'il faut saisir en ligne le code PIN de sa clé. A ce
moment-là, le document joint est paraphé sur toutes les pages du nom de
l'expéditeur et d'un numéro d'émission. La preuve de l'envoi avec ces mêmes
données ainsi que la date sont en même temps enregistrées et archivées pour dix
ans par CDC Arkhinéo, partenaire de CertiMail.
Dernière étape, l'envoi du mail. L'expéditeur doit encore une fois saisir son
code PIN. Cette fois pour signer le mail proprement dit. Le destinataire, lui,
n'a besoin ni d'un équipement spécial ni d'aller sur un espace dédié sur
Internet. En revanche, il peut utiliser les données de la signature (nom, numéro
d'émission, date) pour vérifier l'authenticité du message et l'identité de
l'envoyeur sur Certimail.fr.
Un service valable pour tout type d'usage
« C'est un projet reconnu par l'Etat, conforme à la loi européenne et valable
dans toute l'Europe », précise Rémi Poulet, président du directoire de la
société, fondée par des anciens de Wanadoo. Ce n'est pas le premier service
exploitant les dispositions légales sur la signature électronique. Mais,
contrairement à un service comme resilier.com, par exemple - où la signature
électronique n'est apposée qu'à des lettres de résiliation d'abonnement - ou au
site de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes - où elle n'est
proposée qu'à ses membres -, CertiMail vaut pour tout internaute et tout type
d'usage : passations de contrat, attestations, réponses à des appels d'offre,
convocation à une assemblée générale, bon de commande, ordre de virement...
Il est même possible de protéger une oeuvre numérique, comme une photo. Et la
société réfléchit actuellement à un équivalent électronique de la « lettre T »,
c'est-à-dire payée par le destinataire.
Cette certification a évidemment un coût. En la matière, CertiMail s'est
largement inspirée du modèle économique de la téléphonie mobile. L'utilisateur
achète sa clé USB avec dix unités. Chaque unité équivalant à un mail de moins de
50 ko. « Plus un mail est lourd, plus il coûte cher à traiter, explique Alain
Schottt, directeur associé. L'archivage est inclus dans le prix, c'est une
obligation légale. » L'archivage porte sur l'acte et les données d'envoi, mais
pas sur le contenu, disponible via une option payante.
La clé vidée, l'utilisateur achète en ligne des recharges, des « MobiCert », de
40 ou 90 unités (25 et 45 euros). Si le service se veut universel, il reste
cantonné au PC et à un environnement Windows. Impossible de l'utiliser avec
Linux ou MacOS. « Cela dépendra des besoins du marché », commente Rémy Poulet.
Source:
http://www.01net.com/editorial/306028/authentification/des-mails-signes-a-la-pointe-de-la-cle-usb/
|